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2013 Place Émilie-Gamelin – J ‘APPELLE À LA RÉVOLTE, DE TOUT MON COEUR – Cinéastes et poètes Richard Desjardins et Robert Monderie

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Les pamphlétaires, cinéastes et poètes Richard Desjardins et Robert Monderie appellent à la révolte à travers deux de leurs films – Trou Story, qui porte sur le drame minier canadien, et Le Peuple invisible, qui raconte l’histoire et dénonce les conditions de vie actuelle de la nation algonquine du Québec. Avec l’exposition J’appelle à la révolte, de tout mon coeur, le MAP a isolé des images tirées de ces deux documentaires qui témoignent de la désolation d’un peuple oublié et ignoré et d’une nature spoliée par la loi du « laisser-faire » et par l’indifférence d’une société trop libérale et insouciante de son libéralisme. Chaque image est d’une simplicité remarquable par sa force d’évocation de la bêtise humaine et de l’acharnement d’une société à minimiser l’homme et à détruire son environnement. L’exposition est accompagnée d’un texte de Richard Desjardins qui appelle à la révolte.

Pour mieux comprendre le commentaire et la force individuelle de ces photographies, le MAP, avec la contribution de l’ONF, a ajouté des codes-barres sur les vignettes de chacune afin de permettre au spectateur de situer l’image dans le contexte du film dont elle a été extraite et d’en saisir le sens véritable.

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Texte de Rchard Desjardins:

Ce sont des Algonquins. Arrivés ici il y a 6,000 ans. Ils occupaient un grand territoire qui s’étendait de Montréal au nord de Val d’or. Ils ont aidé les Français à récolter des fourrures de castor pour en faire des chapeaux hauts-de-forme très populaires en Europe. Quand la mode s’est éteinte, vers 1875, ils sont devenus inutiles aux yeux des Blancs qui colonisaient maintenant la plaine nord du Saint-Laurent. Les Algonquins se sont alors retranchés vers le parc La Vérendrye. Puis les forestiers ont envahi leurs forêts sans demander quelconque permission. Le bois était transporté aux moulins par flottage sur les grandes rivières, ce qui gênait considérablement la circulation des canots. Les autorités souhaitaient certes la disparition des « Indiens » mais elles répugnaient à les massacrer comme aux Etats-Unis, choisissant plutôt de les assimiler par asphyxie culturelle. Par ethnocide. Les Algonquins vivent aujourd’hui dans une dizaine de petites communautés, la plupart du temps entassés dans des cabanes mal chauffées. Presque tous les individus sont très pauvres malgré les centaines de millions de dollars qui sont générés annuellement sur leur territoire par le prélèvement des ressources forestières, hydro-électriques et minérales. Les quinze photographies choisies par les concepteurs de cette présente exposition proviennent des deux derniers documentaires que nous avons réalisés, Robert Monderie et moi : Le peuple invisible (2007), en l’occurrence les Algonquins et Trou Story (2011), portant sur notre industrie minière. Elles stigmatisent parfaitement notre histoire, en tant qu’Abitibiens blancs. Fils d’hommes à gages. Nous savons que nous avons réduit tout un peuple à la mendicité. Nous savons aussi que nous permettons encore et toujours à des compagnies privées de disposer du territoire public comme bon leur semble.

Jusqu’à le détruire.

J’appelle à la révolte, de tout mon cœur.

Richard Desjardins

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This entry was posted on February 10, 2014 by in Uncategorized.

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